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Moi, et l’ukulélé

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Par Antoine De Baecke

lls sont de plus en plus nombreux à se passionner pour cette petite guitare à quatre cordes originaire du Pacifique. A l’occasion du premier festival d’ukulélé de Bordeaux, trois éminents praticiens qui se succéderont vendredi soir sur la scène de la salle du Point du Jour évoquent leur rapport au sympathique instrument.

1.  Jean-Marc Ferrari, soliste dans Loco Mo’

« le groupe est un peu une émanation du Ukulélé Club de Bordeaux, que j’ai fondé à l’université et au travers duquel on forme des étudiants et stagiaires, ainsi qu’un autre club, le Ukulélé Fun Box, en 2008. Il y a longtemps – j’avais 17 ans, j’en ai une cinquantaine à présent – j’ai vu en concert un artiste toulousain, qui est devenu un spécialiste de l’instrument : Cyril Lefèbvre. Il a monté le Ukulélé Club de Paris, édité une méthode pour ukuléliste… J’ai suivi son chemin.

Il est malheureusement décédé récemment. Mais ce n’est qu’il y a 4 ou 5 ans que je me suis mis à jouer ; j’étais guitariste amateur, ça n’a pas été difficile. Je me suis intéressé à la culture de l’instrument, depuis ses origines hawaïennes au renouveau de ces dernières années, en passant par le jazz des années 20-30, l’engouement des années 50 avec Marylin ou Elvis… Aujourd’hui, regardez les vitrines des magasins de musiques : ils proposent tous un grand choix de ukulélé. Alors quand les Poupées Gonflées, de Pau, sont venu avec leur projet de festival, on a bien sûr marché avec elles.

2.  Valérie Charlot, ukulélé et voix dans les Poupées Gonflées

SingingTourSudOuest1« Basé à Pau, notre trio de filles donne dans la chanson française, avec presque toutes les rythmiques jouées au ukulélé. On tourne depuis trois ans, et ça marche plutôt bien. J’étais musicienne depuis longtemps, et un jour, mon mari m’a offert un ukulélé en me disant : tiens, ça peut être chouette… On avait déjà plein d’instruments à la maison, mais petit à petit, je suis devenu accro à celui-là. J’en ai joué de plus en plus, j’en ai acheté d’autres, maintenant, il y en a 9 à la maison, mes fils en jouent, mon mari aussi, à ses heures… Ce qui m’a plu ce n’est pas tant l’ambiance hawaïenne, ou maori au sens large, que la période où il a été adopté par le swing américain, dans les années 20-30. Ce n’est pas qu’un instruments de folklore, je joue tout, avec ça : reggae, tango, swing manouche… Il existe même une scène underground. Il y a cette sonorité si reconnaissable, décalée, et puis l’imaginaire sympathique qu’il convoque.

La méthode de Cyril LeFebvre, dans les années 90, a tout changé en France. Depuis, les Julien Doré, Thomas Fersen et d’autres s’en sont emparés. Ça a fait boule de neige. L’ukulélé est un instrument modeste, pas encombrant, pas cher : tout le monde ose en jouer. Par les réseaux sociaux, on s’aperçoit que c’est une communauté gigantesque : on a des amis japonais, finlandais, de partout… Tenez : les Ukulélé Preachers, on vient de se rencontrer, et on est déjà copains comme cochons. Il faut dire que j’ai hâte d’essayer leurs super-ukulélés… »

3.  Éric Marchienne, ukuléliste dans Ukulélé Preachers

SingingTourSudOuest2« J’ai joué de plusieurs instruments dans différents groupes, et l’ukulélé est arrivé à un moment où je ne jouais plus : il m’a ramené à la musique. Il véhicule certaines musiques que je ne connaissais pas bien et qu’il m’a fait découvrir : le swing des années 30, le style hawaïen, alors que je venais d’une culture rock. C’est un instrument addictif, en effet : petit, pratique, charmeur, différent… On l’entend beaucoup désormais, mais la première fois qu’on l’entend, il vous invite à un ailleurs.

De plus j’aime les instruments anciens ; mais un guitariste, s’il veut une très belle Gibson ancienne, il faut qu’il économise pendant des années alors qu’on trouve de très beaux ukulélés à des prix abordables ; aux USA dans les années 30, il était très populaire, chaque famille ou presque en avait un. Et les Américains, qui préfèrent les instruments modernes, s’en séparent facilement : ça pousse à la collectionnite. Il y en a de toutes tailles, des ukulélés-banjos britanniques des années 30, des avec résonateurs pour jouer le blues… C’est sûr, j’ai fait partie de la dernière vague de popularité de l’ukulélé. Mais au-delà de l’instrument et de sa vogue, ce sont les répertoires sur lesquels il ouvre qui m’intéressent. Les Poupées et nous sommes des formations très différentes ; ce qui nous unit, c’est le chant, la mélodie, et l’ukulélé au milieu. »

The Singing Ukulélé Tour (« beaucoup chansons, beaucoup ukulélé, beaucoup l’amour »), vendredi 2 novembre, salle du Point du Jour, 44 rue Joseph Brunet à Bordeaux. 19 h : Loco Mo’, pop soul. 19 h 45 : The Ukulele Preachers, jazz swing. 20 h 45 : les Poupées Gonflées, chanson. 21 h 45 : grand bœuf d’ukulélé. Entrée libre

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